Mon p'tit garçon est orphelin

Michel Tonnerre est parti vers d’autres rivages. Ils sont nombreux les marins qui ont fredonné ses chansons sans forcément savoir qui en était l’auteur. Des "Quinze Marins" à "Mon p’tit garçon" en passant par le "Gabier Noir", ses succès populaires n’ont jamais monté à la tête de Michel Tonnerre.
Ce qu’il aimait, c’était les ambiances des caboulots où le public reprenait en cœur ses rengaines, de Ty Beudeff sur l’île de Groix aux fêtes des Chants de Marins de Paimpol. Michel était aussi un compagnon fidèle des fêtes maritimes de Douarnenez. Il y était chez lui, comme dans tous les ports de Bretagne ou d’Irlande. Il chantait un monde maritime où les temps étaient rudes mais les solidarités fortes.
Ses chansons étaient empreintes d’une profonde nostalgie, mais l’homme savait être joyeux. Il avait aussi des jardins secrets comme la peinture où ses toiles révélaient une passion pour la couleur. Il disait qu’il aurait aimé finir sa vie dans ces îles du Pacifique où la lumière est reine. La maladie ne lui en aura pas laissé le temps. A Douarnenez comme ailleurs, on continuera de pousser ses rengaines et si parfois certains regards pourront paraître humides, on se plaira à imaginer que c’est la faute des embruns.
« Mon petit garçon met dans ta tête
Y'a qu'les chansons qui font la fête
Et crois-moi depuis l'temps qu'je traine
J'en ai vu pousser des rengaines
De Macao à la Barbade
Ca fait une paye que j'me balade
Et l'temps qui passe a fait aux vieux
Une bordée de rides autour des yeux »


















